Définitions :
La plupart des produits de contraste sont des opacifiants qui produisent une tache blanche sur l'image radiologique. Ainsi ces produits permettent d'observer des organes qui sont généralement creux. Il existe également des éclaircissants, qui donnent une tache noire sur la radiographie. C'est le cas de l'air, utilisé pour réaliser les myélographies gazeuses, les encéphalographies gazeuses, etc...
Les produits de contraste permettent d'observer les organes du corps. Les produits des contraste iodés permettent d'observer plus particulièrement l'appareil urinaire, les vaisseaux (artères et veines) ou encore de mieux distinguer les tissus anormaux des tissus normaux.
3. Comment sont-ils administrés ?
Les produits de contraste iodés sont injectés par intraveineuse.
L'injection est un acte banal habituellement bien toléré. Toutefois il est possible qu'au point d'injection, une fuite de produit autour de la veine provoque une douleur. Il faut le signaler aussitôt au technicien, car un traitement est alors nécessaire pour éviter les complications cutanées.Mais avant d'effectuer l'injection il faut vérifier que le patient n'est pas allergique à l'iode et qu'il est à jeun. Si le risque d'allergie est positif, une prémédication sur le patient est établie.
L'utilisation des produits de contraste, en particulier l'iode, peut comporter un risque pour certaines catégories de patients.
Mais il faut tout de même savoir que l'incidence des accidents lors de l'utilisationd'un produit de contraste iodé par voie intraveineuse est très faible, et que toutes les mesures de précaution sont prises dans le service pour éviter des complications et pour les traiter au mieux. (chario de réanimation, formation des médecins...)
Aujourd'hui les produits de contraste à base d'iode sont de moins en moins allergisants.Les situations pour lesquelles un surcroît de risque a été démontré ouy est seulement suspecté sont :
- Insuffisance cardiaque sévère
- Insuffisance rénale
- Déshydratation
- Syndrome néphrotique
- Porteurs de maladies du foie
- Myélome
- Asthme connu
- Antécédent de réaction aux produits iodés
- Allergie alimentaire ou médicamenteuse
- Urticaire
- Rhume des foins
- Eczéma
- Femme enceinte
Il est vivement recommandé au patient de dire s'il est atteint d'un de ces risques afin que le médecin radiologue, au courant de ces informations, adapte la modalité d'administration du produit au patient (ce qui pourra éviter certaines complications)
Le patient diabétique et le patient âgé ne sont pas des sujets à risque particulier.
En dehors de la période néonatale où le risque semble lié à la quantité de produit injectée, l'enfant n'est pas non plus un sujet à risque.
2. Classification des différentes réactions
Tout d'abord il est normal et fréquent de ressentir, dans les secondes suivant l'injection, une sensation de chaleur dans tout le corps, ou dans la gorge, ou dans le bas-ventre, ou bien un goût métallique dans la bouche.
Ces symptômes s'estompent en quelques instants.Il y a 3 types de réactions :
- Légères
- Vertiges
- Nausées
- Chaleur à la gorge
- Sueurs
- Vomissements
- Myalgie (douleur musculaire)
- Modérées
- Prurit (vive démangeaison)
- Urticaire (éruption cutanée)
- Dyspnée (difficulté à respirer)
- Eternuement
- Sévères
- Choc
- Hypotension
- Décès
Il est important de savoir que les réactions surviennent dans l'immense majorité des cas, au cours de l'examen ou dans le quart d'heure suivant l'injection. C'est pourquoi le patient ne doit pas quitter immédiatement le service, afin d'être surveillé et de pouvoir intervenir en cas de nécessité.
3. Comment faire pour les éviter
La prévention de la néphropathie induite par les agents de contraste iodés reste difficile. On connait bien ses facteurs de risque (insuffisance rénale...) ce qui permet de rediscuter l'indication des examens, ou de choisir une alternative sans produit de contraste iodé. En revanche on n'a pas réussi jusqu'à présent à prévenir la néphrotoxicité des agents de contraste iodés en admisnistrant des médicaments comme la dopamine, la théophylline, ou le mannitol (qui l'aggravent même)
Une étude réalisée dans la ville de Yaoundé entre juin 1988 et 1990 montre que sur 6600 patients (sans distinction de sexe ni d'âge) qui devaient subir un examen radiologique avec administration de produit de contraste, seulement 422 (6,39%) patients ont présenté des réactions secondaires. Soient 86 hommes et 336 femmes.
L'âge moyen des patients était de 34 ans, avec des extrêmes de 5 à 65 ans.
Lors de cette étude, il y a eu :
- 313 réactions légères soit 74,17%
- 107 réactions modérées soit 25,35%
- 2 réactions sévères soit 0,47%
Les produits de contraste iodés sont responsables de 5,8% des réactions observées en France.
Les réactions s'observent à tous les âges, y compris chez les nouveaux-nés et les enfants. Les femmes présentent un taux d'incidence de 5,94% contre 9,09% chez les hommes.80,8% des réactions légères ou modérées sont observées avant 40 ans, alors que toutres les réactions sévères s'observent après 50 ans. Ceci confirme que les sujets jeunes font des réactions plus souvent mais moins graves que les sujets âgés.
Aucun décès n'a été observé au cours de notre étude, toutefois cette possibilité n'est pas à exclure, car aux USA le noimbre de décès dus aux produits de contraste était de 500 pour la seule année 1985 !
La probabilié de décéder après une injection est de 1 cas sur 100 000, ce qui est faible comparé au risque d'avoir un accident de voiture !
Les réactions d'intolérance aux produits de contraste existent et constituent un problème dans la pratique radiologique en milieu hospitalier. Face au caractère imprévisible quant à leur survenue et à leur gravité, il edst indispensable pour les personnels travaillant dans les services de radiologie, de s'enquérir systématiquement auprès des malades de leurs antécédents d'allergie, et d'adopter des règles préventives de prémédication.
Ceci suppose une étroite collaboration entre radiologistes et rééanimateurs, non seulement pour manager les cas graves, mais encore et surtout pour amener les pouvoirs publics à mieux équiper les services en matériel approprié de réanimation.