L'insémination artificielle

Introduction :

L'insémination artificielle est une technique d'aide médicale à la procréation qui consiste à déposer du sperme au niveau du col de l'utérus (Insémination Intra Cervicale) ou dans sa cavité (Insémination Intra Utérine)

I- Historique

Après un développement important en France au cours du XIXème siècle, l'insémination artificielle a progressé aux Etats-Unis. C'est en 1884 que Pancoast a réalisé la première insémination avec sperme de donneur. En 1946, Jean Rostand découvre la possibilité pour les spermatozoïdes d'être congelés. Les premières naissances d'enfants avec sperme congelé ont lieu dans les années 1950. Au début des années 1960, une nouvelle technique permettant de conserver du sperme congelé dans l'azote liquide à -196°C est mise au point, et les premières banques de sperme humain apparaissent. Toutefois les centres ne reçoivent pas suffisamment de donneurs par rapport aux demandes.

II- Principes

L'insémination artificielle intra-utérine avec sperme du conjoint (IAC) consiste à injecter des spermatozoïdes "préparés" dans la cavité utérine, le jour de l'ovulation. La stimulation des ovaires va permettre de maîtriser et d'améliorer l'ovulation. Le sperme est préparé au laboratoire et les spermatozoïdes "sélectionnés" sont injectés dans l'utérus. Cette technique permet de court-circuiter la glaire cervicale et de rapprocher les spermatozoïdes des ovocytes.

III- Réalisation :

1. Stimulation ovarienne

Le traitement commence entre le 3ème et le 5ème jour du cycle (1er jour = début des règles).
Il s'agit d'injections quotidiennes intramusculaires ou sous-cutanées d'hormones. La surveillance de la stimulation commence au 10ème jour du cycle. Celle-ci est assuré d'une part par l'échographie, pour compter et mesurer les follicules et évaluer l'épaisseur de l'endomètre utérin, et d'autre part par un dosage hormonal. La surveillance régulière a pour but d'adapter le traitement à la qualité de la stimulation observée.
Dans certains cas, la réponse ovarienne est trop importante (hyperstimulation) et nécessite l'arrêt du traitement (risque de grossesse multiple).
A l'inverse, l'abandon de la tentative peut être motivé par une mauvaise réponse ovarienne (hypostimulation).
Les médicaments utilisés pour la stimulation ne présentent pas d'inconvénients particuliers. Toutefois quelques cas d'allergies se sont produits, pouvant amener à interrompre le traitement. Il existe un doute concernant l'augmentation des risques de cancer de l'ovaire et du sein. Un suivi gynécologique régulier est donc conseillé en dehors des tentatives d'IAC.

2. Déclenchement de l'ovulation

Lorsque la stimulation et la maturation folliculaire sont suffisantes, on peut d"déclencher l'ovulation par une injection d'hormones adéquates. Cela impose l'arrêt des autres traitements.
L'ovulation se produit 37 à 40 heures après l'injection.

3. Recueil et traitement du sperme

Le recueil du sperme est réalisé le jour de l'insémination, par masturbation. Il s'effectue après un délai d'abstinence sexuelle compris entre 2 et 6 jours.
Après le recueil dans un réceptacle stérile, le sperme est préparé au laboratoire afin de reproduire les modifications subies lors d'un rapport sexuel, quand les spermatozoïdes traversent la glaire cervicale :
- séparation du plasma séminal et des spermatozoïdes
- élimination des débris cellulaires et autres cellules
- sélection des spermatozoïdes mobiles et normaux aptes à féconder
Le principe est d'assurer une séparation des cellules en fonction de leur mobilité par des phénomènes physiques qui sont la traversée de liquides de différentes densités, et la centrifugation. Les spermatozoïdes les plus mobiles traverseront facilement tous les obstacles rencontrés. Ils seront ensuite lavés avec un milieu de culture approprié. A ce stade les spermatozoïdes peuvent féconder l'ovocyte.
Parfois on est amené à effectuer le recueil du sperme dans une substance anti-oxydante capable de neutraliser les substances toxiques du sperme.

4. Insémination

Deux inséminations sont pratiquées par cycle. Le lendemain et le surlendemain du déclenchement de l'ovulation.
Les spermatozoïdes préparés sont injectés dans l'utérus à l'aide d'une petite sonde (catheter) introduite par le col de l'utérus. La patiente peut ensuite reprendre une activité normale.

5. Après l'insémination

Dans la plupart des cas aucun traitement n'est nécessaire, ni aucune précaution particulière. Si la tentative a échoué, les règles apparaissent environ 12 jours après l'IAC. Si les règles n'apparaissent pas, un test de grossesse est effectué 18 jours après l'insémination.

IV- Résultats

Le taux de grossesse normales est d'environ 16% par cycle. Les grossesses multiples sont fréquentes (17% gémellaires - 3% triples). En cas d'échec, il est possible de recommencer une tentative. Il est cependant nécessaire de respecter des cycles de repos. Au bout de 4 tentatives, il vaut mieux changer de technique d'AMP.

V- Aspects administratifs

Les IAC représentent un coût financier non négligeable : environ 460€ par tentative. Ces tentatives sont prises en charge à 100% par la sécurité sociale, dans le cadre du traitement de stérilité.

VI- Aspects législatifs

Le don de gamètes (spermatozoïdes et ovocytes) est régi par les dispositions des lois dites bioéthiques du 29 juillet 1994 :

Ayant pour finalité la réalisation par insémination artificielle ou fécondation in vitro, le don de gamètes s'inscrit dans le cadre général de l'assistance médicale à la procréation. Faisant spécifiquement appel à un donneur, il est soumis à une réglementation spécifique

VII- Conditions

1. Conditions applicables aux bénéficiaires

Comme tout acte d'AMP, le don de gamètes est destiné à répondre à la demande parentale d'un couple, homme et femme vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans.
Les techniques d'AMP étant des techniques médicales, elles ne peuvent apporter une réponse qu'à un problème médical. Le don de gamètes ne peut donc pas être fait au profit des femmes seules, des couples homosexuels, des femmes ménopausées ou de celles dont le conjoint est décédé.

2. Conditions de réalisation des activités

Le don de gamètes comprend le recueil de ces gamètes , leur traitement, leur conservation et leur cession à un couple déterminé. Ces activités ne peuvent être effectuées que dans des établissements autorisés par décision ministérielle et sous la responsabilité d'un praticien agréé.
Elles sont autorisées après avis de deux commissions : la commission nationale de médecine et de biologie de la reproduction et du diagnostic prénatal (la CNMBRDP) qui se prononce essentiellement sur la compétence des demandeurs, et le comité national de l'organisation sanitaire et sociale (le CNOSS) qui examine la demande au regard de la planification sanitaire et des besoins de la population.

Conclusion

La technique du don de gamètes permet à de nombreux couples stériles de concevoir un enfant. En 25 ans plus de 35 000 enfants ont ainsi pu naître en France, grâce au don de sperme et d'ovocytes. Depuis 1973, ma pratique de l'IAD est organisée en France.


Sources :

http://www.sante.gouv.fr/
http://www.planet-sante.com/region/page15708.asp


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